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 “ Don't you dare forget me. ” (sin)

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Evan Rosier

10/100/18/KB/V

Sam 18 Juin - 22:15




don't you dare forget me.


Il n'était plus très loin, il le savait. Le chemin qui le ramenait jusqu'à chez lui était inscrit dans le plus ancien de ses souvenirs. Il y avait en particulier une route qu'il prenait, une route que tout le monde négligeait et qui le permettait souvent de prendre de l'avance sur les autres. Maintenant qu'il apercevait des lumières lointaines, il se sentit rassuré par la présence illusoire qu'elle lui donnait. Il ne pouvait pas débarquer, pas dans cet état. Pas comme un faible, blessé, saignant la défaite. Non, il n'avait pas échoué. Il n'était pas stupide pour compromettre les missions qui lui étaient demandées. Il s'était simplement retrouvé au mauvais endroit, au mauvais moment. Les sortilèges avaient volé sans qu'il ne puisse rien arrêter et sa baguette l'avait guidé à faire ce qu'il faisait de mieux en ce monde : combattre. Il y avait toujours eu quelque chose d'existant dans un duel à mort. Tué où être tué lui paraissait être d'une logique implacable. Exterminer les plus faibles également, comme si tout le monde n'avait pas sa place dans cette vie. Il croyait fermement que lui, il était destiné à de grandes choses. Comme si avant la mort, il y avait un tremplin. Un sommet qu'il allait atteindre et qui forcerait aux autres un respect qu'il désirait profondément. Mais ce soir-là, il sentit le doute s'emparer de lui. Sa cousine avait tort lorsqu’elle disait qu’il manquait encore d’entraînement et d’expérience. Chaque jour lui apportait un peu plus ce qui manquait à son histoire. Evan était un combattant et par conséquent, sa place était sur les champs de bataille. Il n’était pas là pour survivre, mais pour vaincre le plus d’adversaires possible. Ses objectifs augmentaient à chaque fois qu’il apparaissait quelque part, comme un besoin intense de laisser sa propre marque là où on ne l’attendait pas. Ce qui l’amenait à être une cible de plus en plus recherchée. De plus en plus demandé. Se cacher parmi les moldus devenait une tâche compliquée face aux sorciers qui étaient à sa poursuite. Il savait que ce soir-là, il était celui qui fallait attraper.

Une situation qu’il apprenait encore à accepter. Il devait fuir, tout en attaquant stratégiquement lorsque cela était demandé. Evan avait ses techniques pour garder contact avec ceux de son espèce. Il savait où se rendre, à qui transmettre le message, et même quoi faire si jamais les choses tournaient mal. Ce soir-là, son instinct l’avait conduit à retourner chez lui. L’Ordre avait depuis longtemps jugé inapproprié de venir le chercher ici, après tout, c’était trop « facile ». Quel sorcier serait assez idiot pour revenir chez lui ? Mais Evan n’était pas bête. Si pendant des mois, ils l’avaient attendu, aujourd’hui, il savait parfaitement que plus personne ne surveiller la maison des Rosier. De toute manière, personne ne connaissait le chemin qu’il empruntait.

Lorsqu'il arriva dans la cave à vin de la famille, il fit attention à ne pas faire trop de bruit en remettant en place le mur de bouteille qu'il avait sous les yeux. Avec l'état de son bras, la tâche s'avéra légèrement difficile. Il s'aventura ensuite dans le labyrinthe de couloirs jusqu'à l'escalier réservé aux employés. Une fois arrivé à l'étage souhaité, il se dirigea sans attendre jusqu'à sa chambre, fermée à clef par un sort qu'il avait lui-même mit en place. Une fois dedans, l'air parfumé du passé l'enveloppa et réconforta Evan qui, par un coup d'œil, jugea que personne n'était entrée dans sa chambre depuis la dernière fois qu'il était entré. Maintenant, il devait vérifier qu'aucune ombre ne traînait à l'extérieur et se dépêcha de se diriger vers sa fenêtre, regardant avec attention chaque détail. Une fois satisfait du silence et du néant qu'il avait sous les yeux, Evan se concentra sur ses blessures. Il retira son long manteau qu'il posa sur sa chaise et chercha dans l'un de ses tiroirs une fiole en particulier. Il pouvait voir maintenant à quel point il était tremblant. À quel point, il avait froid, malgré les perles de sueurs sur son visage. Il avait perdu beaucoup de sang et il commençait à s'en rendre compte. La douleur était d'ailleurs insupportable, mais il ne pouvait pas faire de bruit. Il ne pouvait laisser la peine prendre le dessus. Mais alors qu'il cherchait à lire ce qu'il avait écrit sur une des étiquettes, un bruit se fit entendre. Quelqu'un ouvrait sa porte. Instinctivement, Evan attrapa sa baguette et se cacha derrière son armoire. Il était très bon duelliste, même avant la main gauche. L'heure qu'il avait aperçue plus tôt dans le couloir lui avait indiqué que sa famille mangeait sans doute. Du moins, c'était le moment idéal pour se faufiler dans sa chambre sans que personne ne le remarque. La porte s'ouvrit et Evan ferma un instant les yeux pour se concentrer. Essayer de ne prendre en compte que les bruits faites par l'intrus et non celle du sang qui tombait sur le parquet. L'ombre qui s'étendait par terre lui dévoila un indice. La personne qui était là, fermait la porte discrètement et se diriger désormais vers le bureau d'Evan. Exactement là où il se tenait quelques secondes plus tôt. Maintenant que la personne était devant lui, qu'elle lui tournait le dos, Evan savait parfaitement qui c'était.

« - Qu’est-ce que tu fais là ? » D’un geste rapide, il prit soin de remettre en place le sort qui fermer sa porte à clef. Il ne voulait pas que ses frères entrent aussi, ou pires, son père. D’ailleurs, Sin était désormais coincé avec lui, mais Evan n’avait pas de temps à perdre. Il posa rapidement sa baguette pour se remettre à fouiner dans ses fioles, plus tremblant que jamais. Voulant aller plus vite, il chercha à utiliser son bras droit et ne put s’empêcher de grogner face à la douleur qui prit possession de son corps. Il était dans un mauvais état, il savait qu’il ne pouvait pas lui cacher. Il n’y avait pas que son bras qui saignait. Il y avait une trace de sang le long de son visage, mais ce n’était pas le sien. Ses vêtements étaient déchirés, il était lui-même loin d’être aussi propre qu’il l’avait toujours été. C’était simple : il y avait une guerre là-dehors et Evan vivait ça tout le jour. Son regard ne put alors s’empêcher de tomber nez à nez avec un objet en particulier. Et tout ce qu’il trouva à dire, fut un simple et tremblant… « - Non… »
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Sin Fawley

50/100/15/LR

Mer 22 Juin - 23:59




say something, I'm giving up on you.


« Veuillez m’excuser un instant. » replaçant ses couverts argentés à côté de son assiette, Sin offre un sourire poli à ses futurs beaux-parents, ces êtres qu’elle est incapable de lire, ceux-là même qui ont - semble-t-il sans aucun mal remplacé un fils par un autre, humilité l'adolescente tout en acceptant de faire d'elle un membre de la famille. Elle est à peu près certaine qu'ils la détestent cependant, elle voit mal comment il pourrait en être autrement. Pourtant elle leur sourit aujourd’hui, comme pour le reste de sa vie et réalise à quel point le temps sera long. Elle n’en finira jamais d’avoir à jouer un rôle. Avec eux, avec le monde, au bras de Luke. Sur un signe de tête gracieux du patriarche elle se lève de table et s’éclipse au premier étage. C’est maladroit, impoli, elle le sait bien, mais elle sait aussi que c’est sa seule chance finalement de pouvoir faire ce qu’elle a à faire, ce qui l’a motivée à venir bien plus que l’invitation si généreuse de sa future belle-mère ou l’envie de voir son fiancé pendant ce qui lui reste de vacances. Il ne lui est pas difficile de trouver son chemin et ce même si elle n’a pas mis les pieds dans cette chambre depuis longtemps et ce même si le couloir n’est que peu éclairé. Son souffle est légèrement rauque alors qu’elle arrive devant la porte et hésite quelques instants. Elle s’était dit en acceptant l’invitation que peut-être, il serait là. Ça lui arrive après tout, même si c’est assez rare désormais, d’être présent aux repas de famille. Et c’est avec une étrange sensation de soulagement qu’elle a découvert qu’il n’était pas au manoir Rosier. Étrange parce que différent du soulagement habituel lié au simple fait de ne pas avoir à le confronter à faire face à ses sourires moqueurs, à un regard qu’elle ne reconnaît plus. Elle ne s’est découverte que soulagée à l’idée qu’il lui était encore possible, si elle le souhaitait, de reculer, d’abandonner cette mission stupide qu’elle s’était donnée. Il ne sert à rien de remuer le passé quand celui-ci est déjà enterré six pied sous terre, enfoui dans les tréfonds de la partie refoulée de sa mémoire. Et ce même quand il ne s’agit de le remuer que pour mieux s’en débarrasser. Pourtant, elle trouve le courage de s’en tenir à son plan, et tourne doucement la poignée s’introduisant dans la chambre d’Evan. Il n’est pas sans faute son plan, il est loin d’être infaillible, il saura qu’elle est venue par exemple. Et il ne sera certainement pas content de découvrir qu’elle ose s’introduire dans son antre et ce, même s’il ne l’habite plus vraiment. Elle se demande où il vit ces temps-ci, ça ne la regarde pas bien sûr, mais elle est curieuse. Une chambre miteuse dans une auberge du rang de la tête de sanglier ? Dans une tente magique au milieu d’une forêt ? Ou dans le Londres moldu dans lequel elle l’a croisé l’été passé ? Elle se demande, elle s’occupe l’esprit pour ne pas trop penser à ses doigts fins qui se glissent dans sa poche.

Elle s’approche dans l’obscurité de la chambre du bureau du jeune homme, sans aucun détour. Elle ne compte pas fouiller dans ses affaires, juste lui rendre ce qui est à lui. Clore définitivement ce chapitre de sa vie. C’est si facile dit comme ça. Pourtant elle ne peut dire avoir eu la respiration calme lorsqu’elle a ouvert le compartiment secret de son coffre à bijoux pour en tirer le seul secret qu’il ait jamais renfermé: un anneau dont elle aurait sûrement du se débarrasser beaucoup plus tôt. Et alors qu’elle effleure le meuble de la manche de sa robe, ses doigts sont encore fermement enserrés autour de la bague, comme si sa main même n'avait pas vraiment envie de la lâcher. Ça fait presque deux ans qu'elle ne l'a pas porté pourtant. Presque deux ans qu’elle l’a remplacé par un autre, comme elle a remplacé la personne qui la lui a offerte par un autre. Et il est évident qu'elle ne le remettra plus jamais à son annuaire gauche. Elle n'a aucune raison de la conserver en sa possession. Et pourtant ses doigts l’enserrent comme si elle représentait la différence entre sa vie et sa mort. « Qu’est-ce que tu fais là ? » Elle sursaute, manque de lâcher son précieux et le rattrape du bout des doigts. Elle n’a pas besoin de se retourner pour le reconnaître. C’est sa chambre d’abord. C’est sa voix surtout, qu’elle est encore capable de reconnaître entre mille. Mais elle se retourne quand même, les pensées se bousculant dans son esprit désespérément à la recherche d’une bonne excuse. Elle pourrait lui retourner la question, que fait-il secrètement dans sa chambre quand de toute évidence sa famille ignore qu’il est là ? Quelque part au milieu du silence elle entend le cliquetis du verrou de la porte et étouffe un juron. La voilà coincée. Et toutes les bribes d’excuses et toutes les accusations se perdent sur ses lèvres quand elle pose les yeux sur lui et remarque le sang sur ses vêtements, ou du moins les tissus déchirés qui lui servent de vêtements. Et un court instant elle redevient la gamine de quinze ans qui est trop facilement tombée amoureuse. Elle redevient l’innocente qu’elle croit n’avoir jamais été. Elle esquisse un mouvement vers son visage taché d'hémoglobines, les yeux écarquillés brillant d’inquiétude. Mais elle se souvient bien vite de la personne qu’elle est désormais, à cause de lui en partie. Elle se souvient de leurs situations respectives et son geste ne dépasse pas le stade de l’ébauche. Et de toute façon il retourne déjà à la recherche qu'elle a certainement interrompue en faisant intrusion dans la pièce. « T’es blessé. » Elle aimerait pouvoir dire que sa voix ne tremble pas du tout, qu’il n’y pas quelques trémolos d’émotions, que ses yeux ont retrouvé l’indifférence qu’elle est censée lui montrer. Parce que c'est pour ça qu'elle est là, elle ne veut même plus perdre son temps à le haïr, elle veut l'oublier tout simplement. Et ça ne devrait rien lui faire qu’il soit blessé, ça devrait rien lui faire qu’il meure. Mais son cœur n’a jamais su aller de pair avec sa raison et il se précipite contre son gré. « Non. » L’espace d’une seconde elle croit qu’il répond à la question qu’elle n’a pas posée, mais elle réalise que ce n’est plus elle qu’il regarde mais l’anneau d'or blanc, de diamants et d'émeraude, qu’elle tient entre deux doigts. Ce pourquoi elle est venue. Ce pourquoi elle a quitté la table à laquelle on l’attend encore. Ce pourquoi elle devrait écourter cet entretien. Mais sa voix a tremblé, à croire que l’idée qu’elle puisse penser le lui rendre ne le laisse pas indifférent. « T’as besoin d’aide. » Elle est factuelle, ou du moins essaye de l’être, de passer outre le sang qui tambourine dans ses veines et fait palpiter sa tempe, de ne pas penser à cette pointe de faiblesse dans le simple mot de négation. Elle a trouvé la force d’arracher le bijou à sa cachette, de faire ce qu’elle estime non seulement juste, mais meilleur pour elle, elle ne s’est pas dégonflée malgré toutes les occasions qu’on lui a laissé. Alors non, elle ne va pas se mettre à hésiter et reculer pour un simple non, si peu caractéristique d'Evan soit-il, si humain puisse-t-il être. Mais elle ne peut pas lui rendre et partir en le laissant seul dans un état pareil. Si ce n’est pour lui, pour les Rosier dont elle fera bientôt partie. I should let him rot. « Tu veux que j'appelle quelqu'un ? » I should just finish him off really. Elle referme le poing sur le bijou et pointe du doigt le tiroir grand ouvert et les fioles dont il regorge. « Tu cherchais quelque chose ? » What do I care? Elle devrait s'en moquer, Evan n'est plus son problème et ce, depuis longtemps.


IDEALISM SITS IN PRISON, CHIVALRY FELL ON ITS SWORD. Innocence died screaming, honey, ask me I should know : I slithered here from Eden just to sit outside your door.

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Evan Rosier

10/100/18/KB/V

Dim 10 Juil - 20:04




don't you dare forget me.




Sa vue semblait le quitter, rendant illisibles les notes des étiquettes des fioles qu’il avait sous les yeux. Sa respiration, trop lourde et trop rapidement l’empêchait de se calmer et de faire ça en douceur. Il se sentait impuissant, plus impuissant encore quand il entendit quelqu’un arriver et que cela retardait sa potentielle guérison. Evan était quelqu’un qui savait subir, mais son sang chaud l’empêchait d’attendre. D’être patient. Tout ce qu’il voulait, il le saisissait sans passer par des détours. Il était le genre de sorcier à manipuler jusqu’à obtenir le résultat souhaité. À briser les cœurs si cela pouvait lui permettre d’avoir au creux de ses mains l’objet de ses désirs. Debout contre son armoire, il tâcha d’utiliser ce qui lui restait de force pour se taire, disparaitre dans le silence. Quelqu’un approchait et petit à petit Evan se préparer à affronter ceux de sa famille. Ceux qui se moqueraient de son état et de lui-même. Quelque chose, pourtant, l’apaisa en voyant Sin debout devant son bureau. Quelque chose d’étrange, mais surtout remplie de colère. Il n’avait rien à craindre d’elle, il le savait. Et ne tarda pas à montrer qu’il était là tout en prenant soin de fermer la pièce. De les enfermer eux, ensemble. Il ne pouvait pas la garder là longtemps, il savait que sa présence signifiait un dîner. Et que les probabilités pour que la famille Rosier se trouve plus bas venaient d’augmenter. Il n’a pas le temps de la regarder, d’admirer cette beauté féline qu’il avait un jour conquis. Il n’a pas le temps de rajouter quoi que ce soit de plus, tant il a besoin d’aide d’abord. Tant il a besoin de fermer ses blessures. Il croit halluciner quand la main de Sin s’avance vers son visage. Oui, c’est surement son esprit qui lui joue des tours. Son esprit qui lui dit qu’il est au bord d’une falaise et qu’il ne reste plus beaucoup de temps avant de tomber dans les abysses. Alors il essaye de se concentrer de nouveau vers ce dont il a besoin. Il se détourne de la douceur pour se confronter à ses fioles dont il a tout oublié. Le son de celle-ci se frôlant les autres un autre semble devenir une berceuse à ses oreilles qui étouffe la voix de Sin.

Son regard s’attarde d’abord sur un liquide violet. C’est ça… ça doit être ça… Mais alors qu’il cherche dans ses pensées un moyen de confirmer son intuition, son regard est attiré par autre chose. Une brillance, légère mais vivante, d’un anneau. Il refuse qu’elle lui retourne cet objet précisément. Il refuse, tellement qu’il en oublie la douleur qui s’emparait à chaque seconde un peu plus de lui. Malgré ses promesses, malgré ses envies de laisser Sin à un monde meilleur, il se refuse de reprendre la seule preuve qu’il y avait bien en lui un cœur battant. Il n’est pas censé lui dire pourquoi il l’a quitté. Il n’est pas censé justifier ses actions. Tant qu’elle persiste à le haïr, tout va bien. Mais Sin n’est pas chez un autre, loin de son monde à lui. Elle est avec son frère. Evan devait accepter que son plan avait mal tourné. Il devait accepter qu’il n’avait pas réussi à la protéger. Il devait aussi accepter qu’il l’avait aimé. Il ravale sa salive, sentant son corps bouillir face à la peine de chacune de ses blessures. Oui, il avait besoin d’aide, mais il se contenta de garder le silence et de retirer la couche de tissu dont il n’avait plus besoin, dévoilant son corps à moitié nu. « - Je peux… me débrouiller. » Le voilà qui grimace de nouveau, peinant à retrouver l’usage de son bras qui souffre. Il garde une partie de son pull pour empêchant le sang de couler davantage. Mais il tremble, Evan. Il tremble de sueur, d’amertume et d’impuissance. Il essaye de respirer, vraiment, mais n’y parvient pas. Il étouffe. Il étouffe parce qu’il aimerait dire beaucoup, mais que son corps est une priorité. Il finit cependant par attraper la fiole qu’il avait tenue en main et par retirer le bouchon en liège avec ses dents. Quelques gouttes… seulement quelques gouttes. Le problème, c’est qu’il tremble trop. C’est que ses gestes risquent d’être imprécis. Et par la même occasion, il risque de perdre le peu de potion qu’il lui reste, alors malgré sa fierté et tout ce qu’il pense, il tend l’objet à Sin et laisse le tissu tombé pour dévoiler un bras meurtri par la magie. Il était prêt. Prêt à se laisser mourir dans la douleur si c’était sa décision. Prêt à souffrir dans la guérison. C’était à elle de choisir. Dans tous les cas, il aurait été incapable d’arranger ça seul et il ne voulait pas que qui que ce soit vienne l’aider, surtout pas ses frères. Surtout pas son père. Mais avant qu’elle ne décide. Avant qu’elle ne se lance, il décida de reprendre la parole.

« - Ne me la rend pas. » Il releva légèrement le bras en grimaçant, mettant en avant sa main. Une petite bague argentée, à son auriculaire. Une petite bague qui n’avait sans doute aucune signification pour les autres, mais que Sin reconnaîtrait sans doute. L’anneau était presque similaire à celui de Sin, mais avec moins d’ornementation. Evan ne l’avait donc jamais retiré. Il avait simplement rétréci l’objet. Il l’avait donc conservé. « - Jamais. » Rajouta-t-il dans une conviction qui lui était propre, mais qui s’affaiblissait face à son manque d’énergie. Il sentait un frisson lui parcourir tout le corps, alors que son monde lui semblait plus froid. Ses paupières même semblait s’alourdir. Il avait perdu trop de sang, il le savait. Il était prêt. Il attendait désormais. Sa respiration semblait plus forte, mais moins rapide. Les battements de son cœur ralentissaient. Il y avait encore de la force en lui, une volonté à vouloir garder les yeux ouverts et à économiser le peu qui lui restait pour attraper sa baguette qu’il avait sous les yeux, aux cas où Sin ne finirait pas le laissé tombé.

« - Ça a toujours de l’importance pour moi. » Ses yeux continuaient de fixer sa baguette. Comme si l’objet était son unique porte de sortie. Comme si celle-ci était la seule chose qui ne risquait pas de le décevoir. « - Ça l’a toujours eu. » Il se fichait pas mal de savoir si Sin le croyait ou non, il sentait juste ce besoin inexplicable de le dire.
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Sin Fawley

50/100/15/LR

Sam 20 Aoû - 18:54


say something, I'm giving up on you.


« Je peux… me débrouiller. » Il ment bien sûr, ou il se trompe sans savoir. Ses membres tremblent et il grimace à peine une seconde après avoir parlé. Ses prunelles d'émeraude observent le blessé essayer de se soigner seul, de verser le liquide contenu par la fiole entre ses doigts et échouer lamentablement. Et la jeune femme résiste à l’envie de la lui piquer des mains et de faire les choses à sa place. Elle n’aime pas le sang Sin. Et l’aime encore moins sur lui, que ce soit celui d’un autre, ou pire, le sien. Parce qu’elle a beau essayer de se convaincre que le mieux à faire pour elle est de poser la bague et de tourner les talons, de le laisser à sa tâche, de le laisser crever là s’il le faut, ou bien de façon plus clémente quoiqu’il semble y être opposé, d’aller appeler l’un de ses frères ou bien ses parents. Oui c’est ça qu’il faudrait faire. Seulement elle ne bouge pas d’un poil l’ancienne aiglonne et elle regarde et elle tremble à moitié elle aussi, ses muscles sont trop tendus, sa mâchoire trop serrée, c’est la pression de son cerveau qui, par la force, l’empêche d’intervenir. Et quand il lui tend le flacon, quand il accepte son aide, sans un mot, quand il lui laisse sa vie entre les mains, elle a presque envie de pleurer tant elle a mal, mal de retenir ses doigts de s’en emparer et de faire ce que son cœur lui demande de faire. C’est humain de vouloir aider l’autre. C’est humain de haïr celui qui nous a fait du mal. Mais c’est idiot de ressentir de la compassion pour lui. Idiot d’aimer son bourreau. Ses yeux ne quittent pas le liquide violet des yeux tandis qu’elle hésite, tandis qu’elle pense à appeler Luke, tandis qu’elle pense qu’elle ne peut pas le toucher, qu’elle n’en pas envie, qu’elle en a trop envie, tandis qu’elle pense qu’il mérite de souffrir, mais qu’elle n’a pas envie d’en être témoin, tandis qu’elle sait qu’il le mérite, elle sait que lui ne tend pas la main à ceux qu’il prend un malin plaisir à blesser, à tuer. Elle sait qu’il ne mérite pas d’être sauvé. C’est un monstre. Seulement elle n’a pas le temps de se décider, qu’il reprend la parole. « Ne me la rend pas. » Il n’a pas besoin d’expliciter, elle sait qu’il en est revenu à l’anneau entre ses doigts. Ce qu’elle ne comprend pas c’est pourquoi. Quel importance cela peut-il avoir pour lui ? Il lève son bras ensanglanté pour lui montrer sa main et si elle n’en saisit pas immédiatement pas la raison, ses iris s’arrêtent finalement sur la bague enfoncée sur son auriculaire. Ce n’était pas là qu’il la portait avant. Elle était plus grande avant. Loin d’éclaircir la situation, ce geste, cette découverte l’assombrit. Les yeux de Sin s’agrandissent dans la surprise ; au doigt d’Evan, la jumelle de la bague qu’il lui a offert. Au doigt d’Evan, le symbole de leurs fiançailles, le symbole - pour elle, à l’époque - de ce que tout ça était autre chose, était plus que la simple décision de leurs parents. C'était d'un romantique étonnant. Luke n'en a jamais fait autant. C'était un jeu cruel de plus pour Evan.

L'incompréhension de la jeune femme est visible: pourquoi ? «  Jamais. » Ajoute-t-il avec une conviction réelle quoiqu’affaiblie par son état de santé. Elle le voit se dégrader, s’épuiser, dépérir d’instant en instant, mais elle n’arrive pas à penser à autre chose qu’à ce qu’il lui a montré, son esprit allant de sa blessure, à la bague, de la bague à la blessure. Elle est incapable du moindre geste. Ment-il pour se faire soigner ? Pour l’amadouer ?  «  Ça a toujours de l’importance pour moi. » C’est certain: il ment. Elle refuse catégoriquement de considérer les autres options, elle ne peut pas. Impossible que cela ait eu de l’importance pour lui, pas au vu de ce qu’il a fait. Pourquoi refuse-t-il de la laisser tranquille, de la laisser vivre sa vie ? Être fiancée à son frère assure déjà, si d'assurance il y a vraiment besoin, qu’elle ne sera jamais capable de l’oublier. Alors pourquoi en rajouter, pourquoi vouloir à tout prix l’empêcher de passer à autre chose ? Pourquoi tant d’importance accordée à une simple bague ? Seulement l’anneau à son doigt à lui, il ne vient pas de l’enfiler, il ment peut-être, elle n’en sait rien, mais le fait est qu’il le porte encore. Le fait est qu’elle le reconnaît avec la plus grande des certitudes. Peut-être qu'il aime juste vraiment bien cette fichue bague. «  Ça l’a toujours eu. » Elle relève les yeux, à la recherche de son regard, ce même regard évité jusque-là, mais elle ne le trouve pas. Il regarde ailleurs, vers le bureau et elle ne le suit pas, c’est inutile, c’est une perte de temps. Sans prévenir elle attrape le flacon d’une main et range la bague dans sa poche de l’autre. « Tu veux vraiment que les derniers mots que tu m’adresses soient des mensonges ? » Sa voix se veut aussi calme que possible, chose peu aisée dans une situation pareille. Et malgré ses propos, au lieu de le jeter par terre, de la réduire en miette d’un coup de talon, elle lui fait signe de s’approcher un peu plus de la source de lumière. Elle a soigneusement évité de s'arrêter trop longtemps sur le fait qu’il soit affreusement dénudé devant elle, son esprit étant à dire vrai bien trop occupé ailleurs - et heureusement. Mais bien sûr, alors qu’elle étudie la blessure, en posant deux doigts frais sur sa peau, aux abords de la plaie, le fait ne peut que la frapper. Cependant si ses joues rosissent, elle se mordille la langue pour reprendre ses esprits et ne pas laisser ses pensées divaguer. Ce n'est pas le moment. Délicatement, soigneusement, elle verse le liquide avec la précision étonnante de celle qui est infiniment concentrée dans sa tâche. Et quand c’est terminé, elle relève les yeux vers lui comme à la recherche d’une certaine approbation, comme à la recherche d’une reconnaissance qu’elle pense pourtant ne pas vouloir. Et quand elle voit la plaît se refermer presque imperceptiblement elle esquisse malgré elle un petit sourire. Mais elle n’a pas le droit de se réjouir. Elle l’a aidé c’est déjà suffisamment humiliant, c’est une preuve suffisante de sa faiblesse. Il ne faudrait pas qu’elle apparaisse trop heureuse d’avoir manqué l’occasion de le voir mourir sous ses yeux. Elle se détourne aussitôt de lui pour reposer le flacon et prendre le temps de se ressaisir.  

« Maintenant que tu n’as plus besoin de m’amadouer, j’imagine que tu vas rétracter tes propos ? » Fait-elle en revenant vers lui. Il peut enfin en revenir à sa cruauté habituelle. Plus besoin de faire semblant. Et parce qu’elle ne perd pas le nord, elle enfonce ses doigts - désormais teintés de rouge, mais qu'importe - dans sa poche et en arrache l’objet de leur discorde. Le plus simplement du monde, elle le lui tend. « Je n’ai pas lieu de la garder. » C’est vrai. Mais pourquoi l’avoir gardée jusque-là ? Pourquoi ne pas l’avoir rendue immédiatement ? « T’en auras sûrement besoin pour… je sais pas humilier et ruiner la vie de quelqu’un d’autre ? » Humour un peu noir - aucune fille n’accepterait une bague de seconde main d'abord - , ou simple tentative désespérée d'attirer l'attention du sorcier sur autre chose que l'évidence. Elle justifie le fait de rendre l'anneau, pour ne pas avoir à justifier le fait de l'avoir tout simplement gardé tout ce temps. Plusieurs mois plus tôt, il lui a demandé ce qu'elle avait fait de sa bague de fiançailles et elle ne lui a pas dit qu'elle l'avait encore en sa possession. Elle n'a pas menti non plus, mais elle n'a rien laissé savoir sur ce qu'il était advenu du bijou, le laissant volontiers croire qu'elle l'avait détruit, en partie parce qu'elle savait que c'était ce qu'elle aurait du faire. Et aujourd'hui en le lui présentant, elle admet malgré elle qu'elle l'a conservé, contre toute logique. Il est normal qu'elle essaye, bêtement, naïvement peut-être, de masquer la chose. Et ce même si lui aussi de façon totalement incompréhensible a gardé l’anneau qui allait avec. Mais sa blague n’en est pas vraiment une: il est temps qu'il se trouve quelqu'un d'autre à torturer psychologiquement maintenant que Sin se refuse d'être son souffre-douleur plus longtemps. Qu'il se trouve une nouvelle fiancée à détester comme il l'a détestée elle, qu'elle puisse enfin cesser de redouter de le croiser chaque fois qu'elle met les pieds chez les Rosier. « Ou tu peux la détruire ça m'est égal. » C'est faux bien sûr, mais comment lui en vouloir de ne pas le croire et de répondre à ce qu'elle pense être un mensonge, par un autre ? Elle ne s'est déjà montrée que trop naïve face à Evan. Une soudaine pseudo-confession probablement amenée par son état de faiblesse, son besoin d'aide, n'efface pas ce qu'il lui a fait. Ce n'est pas tant l'humiliation de l'acte interrompu, mais tout ce qui en a suivi. Toute la négation de la sincérité de ce qui a pu se passer entre eux. Les blagues de mauvais goûts, les provocations, la méchanceté gratuite. Comment croire un seul instant qu'il puisse être attaché ce diamant et à ce qu'il représente ? Mais comment expliquer qu'il ait conservé le sien ? « Personnellement, j'ai pas besoin du rappel, les souvenirs qui y sont attachés sont plus que désagréables, c'est que je ne me suis pas autant amusée que toi. » J'ai passé un agréable moment ce jour-là a-t-il osé lui lancer à la figure l'été dernier. C'est dommage que cela n'ait pas duré un peu plus longtemps, vraiment…  Elle n'a pas oublié. Et maintenant qu'elle n'a plus besoin de s'inquiéter pour lui, la colère s'insinue doucement dans ses veines. Il ne lui faut qu'un instant de plus pour craquer: « C'est pour ça que t'as gardé le tiens ? Tu le regardes de temps en temps et tu te rappelles à quel point c'était drôle, ce que ça pouvait être tordant de faire marcher la pauvre conne de Fawley ? Ce que c'était marrant de l'humilier ? C'est jouissif dis moi ? D'y penser ? De savoir que t'as c'pouvoir sur quelqu'un ? » Elle se reprend sans baisser le ton, mais en quittant l'ironie dans laquelle elle a jusque-là enveloppé ses propos. « Que t'as eu ce pouvoir ? Parce que c'est fini Evan, je m'en fous de ce que tu peux me dire maintenant. Moque toi, si ça te chante, j'en ai plus rien à foutre. »  I don't fucking care, I’m so fucking done. Et elle a tellement envie d'y croire que ses yeux en brillent. Elle a tellement envie que ce soit vrai, tellement envie de se libérer de son emprise, qu'elle se moque d'oser dire à voix haute ce qu'elle n'a plus dit depuis longtemps. Elle se fiche d'admettre que ses sentiments à elle étaient réels. Tant pis pour le passé, c'est l'avenir qui compte à présent. Beaucoup plus agressivement, sa patience en étant arrivée à ses limites, elle lui tend de nouveau la fameuse bague.


IDEALISM SITS IN PRISON, CHIVALRY FELL ON ITS SWORD. Innocence died screaming, honey, ask me I should know : I slithered here from Eden just to sit outside your door.

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Evan Rosier

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Mar 13 Sep - 16:30




don't you dare forget me.




Il regrettait. Il regrettait tellement d’avoir parlé, d’avoir dit quelque chose, d’avoir coincé Sin ici, avec lui. A quoi pensait-il ? Dans son état, il était condamné à souffrir en lenteur et à absorber la douleur tant bien physique que mentale. Cette situation n’était pas plaisante, elle n’était pas amusante, et elle le poussait à dévoiler ses faiblesses. Il détestait ça. Il détestait être le sorcier blessé, incompris, mourant. Il détestait être faible, tout simplement. Il n’arrive à rien et ça l’énerve. Ça le pousse à réfléchir à la situation, à s’auto-proposer de disparaitre maintenant avant qu’il ne dise des choses qu’il regrette. Que pouvait-il faire dans son état ? Rien. Absolument rien. Il avait la sensation d’être désormais dans une cage, invisible, tranchante. Il se sent tellement inutile. Evan est têtu, ce n’est rien de nouveau. Dans un nouvel élan, il tente de convaincre qu’il peut se débrouiller seul, mais ce mensonge est trop gros. Tromp imposant. Le problème, c’étit qu’il ne voulait pas que qui que ce soit le remarque. Ni ses parents, ni ses frères. Il aurait encore moins voulu voir Sin dans cette situation. Pourquoi les choses avaient si mal tourné ? Quel parent logique aurait proposé son ex-fiancée à son frère ? Bon sang, c’était n’importe quoi et il le savait. Il le savait tellement qu’il ne supportait pas avouer qu’il avait eu tort, qu’il avait échoué. Maintenant, il devait prendre sur lui. Il devait se concentrer. La fiole, la bonne fiole, il pouvait la prendre entre ses mains, mais elle semblait si légère. Si fragile qu’elle allait sans doute lui glisser entre les doigts. Il en a tellement besoin, pour arrêter le saignement. Alors il prend sur lui, Evan. Et il tend l’objet à Sin. Comme si c’était la seule chose à faire. La seule logique à tout. Il doit lui demander de l’aide à elle, à celle qu’il a failli détruire pour son propre intérêt. Par la même occasion, le rideau disparait sur son bras, dévoilant l’horreur de sa situation. Les sortilèges explosifs pouvaient créer d’énorme dégât physique. Il en était la preuve ultime ce soir-là.

Il senti, dans le silence, l’hésitation de Sin. Il avait sans doute enfreint toute les limites qu’ils s’étaient imposés en lui tendant cette potion. Toute, sans exception, dévoilant une partie d’un cœur vivant et battant. D’un cœur tout à fait humain. Et alors que son bras tendu attend, tremblant, à bout de force, il reprend la parole. Il ne veut pas de cette bague. Il ne veut pas de cette conclusion ultime qui risque de lui briser encore le cœur. Il se sent fatigué, presque comme dans un rêve. Avait-il le droit de lui montrer ? Avait-il le droit de dire des choses qu’il s’était interdit de dire ? Avait-il le droit de mettre en avant cette anneau qui avait un sens bien profond à ses yeux ? Il ne savait pas et il était étrangement torturé par l’idée de mourir sans avoir jamais révéler la vérité. Sin avait le droit de le laisser souffrir. De le laisser attendre dans cette état. Elle avait le droit de prendre son temps et de le laisser agoniser, même si les minutes qui s’écoulaient, étaient ses dernières. C’était peut-être ça qui expliquait pourquoi Evan était d’un seul coup si sentimental. Parce qu’une partie de lui avait conscience de la gravité de ses blessures et de la mort possible. Il s’affaiblit, il le sent. Il le sent tellement et en même temps, il essaye de garder un œil ouvert. De se préparer si jamais… Sa baguette plus loin semble lui murmurait quelque chose. La folie sans doute s’empare peu à peu de lui, alors qu’il réaffirme qu’il ne veut plus jamais voir Sin vouloir lui rendre son alliance. Ce mot est fort, puisant, invincible malgré la torture de chaque respiration.

Son bras descente petit à petit, car il manque de force pour la tendre plus longtemps. Il peine tellement à rester conscient, il ne sait plus quoi faire. Il se sent submergé par différent émotion qu’il avait lui-même oublier. Etait-ce donc ce moment où, quand la mort arrive, il se rend compte de ce qu’il avait eu de bon dans sa vie. De tous ses moments, trop parfait, trop intense. Va-t-il voir sa vie défiler devant ses yeux ? Soudain, Sin s’empare de la fiole et Evan tourne le visage vers elle. Sa lenteur le surprend. Il n’a pratiquement plus aucune force. Dans son silence, il pense lui répondre. Il est persuadé lui avoir répondu, mais ce n’est qu’une pensée. Il s’approche, doucement, se sent soudain réveillé lorsque les doigts de Sin se pose sur lui, grimace de nouveau. C’est intense et brulant. Il se mort les lèvres, serres les points, fermes les yeux, et encaisse. Encaisse le fait que ça fonctionne. Que c’était la bonne fiole, que Sin le soigne. Qu’il ne risque pas de perdre plus de sang. Il se sent soulagé. Un soulagement étrange, mais qui ne va pas lui redonner immédiatement toute ses forces. Ses doigts frôlent alors la zone qui plus tôt était en train de le tuer et glisse sur une surface parfaitement lisse. Tout va bien. Tout va beaucoup mieux.

Dans un premier temps, il n’entend pas réellement Sin. Il n’a conscience de la situation que lorsque ses yeux retombe sur l’anneau qu’elle lui tend de sa main ensanglantée. Le ralenti dans laquelle il s’était trouvé plus tôt, commence à reprendre un rythme normal. Un vrai rythme, et ses respirations sont plus lentes, mais surtout plus régulière. Il l’écoute. Il l’écoute vraiment. Mais non, il ne veut pas la détruire. Jamais. Lui, il veut se rappeler. Il veut se souvenir de ce qu’il a vécu avec elle avant de tout détruire. Il veut se souvenir de ce cœur qui avait battu, miraculeusement, tendrement, pour quelqu’un d’autres que lui-même. Maintenant qu’elle l’a aidé, elle peut lui dire. Elle peut ressortir tout le venin qu’elle voulait lui cracher à la figure. Ses yeux finissent par se tourner vers elle, par se poser vers on visage. Toujours le même, toujours aussi agressif, toujours aussi beau. Elle avait les traits d’un félin, d’une guerrière. Alors dans un élan vaincu, Evan attrape son poignet et force Sin à se rapproche, à poser ses yeux dans les siens et à ne pas les quitter.

« - Moi, j’en ai besoin. » Répète-il, avec une conviction qui dépassait tout ce qu’il avait dit jusqu’ici. « - Moi j’ai besoin de me souvenir. J’ai besoin de me rappeler de pourquoi j’ai fait tout ça. » Il sent que son cœur se remet à battre rapidement, mais cette fois, ce n’est pas à cause de son état. C’est à cause d’elle. « - Regardes-moi, bon sang ! Tu aurais voulu de cette vie ? Aurais-tu supporté être la femme d’un mangemort ? Aurais-tu supporté de te battre pour ce en quoi je crois ? Sin, je te connais… Et je sais que tu n’aurais pas voulu de cette vie. Que ça t’aurais rendu malheureuse. Que tu aurais souffert encore plus à devoir être ce que tu n’es pas. Je devais t’éloigner de moi. Je devais… » Il s’emporte parce qu’il sait. Il sait que c’est fini. Il baisse les yeux une fraction de seconde. C’est fini. Il ne peut plus lui mentir, parce qu’il avait raté. Il avait tout raté. « - J’étais persuadé que ce que j’avais fait, t’empêché d’être lié à moi et ma famille. Que cela t’aiderais à trouver le… à trouver le bonheur ailleurs. » Il relève les yeux vers elle, plus sincère que jamais. Plus ouvert que jamais. Et cela serait sans doute la seule fois, l’unique fois, où il le serait. Parce qu’il l’avait aimé. Aimé comme il aimait ce qu’il faisait, comme il aimait ce qu’il était. Il tout aimait chez elle, sombrant pour un cœur qui n’accepterait jamais ce qu’il était réellement. C’est vrai, pour beaucoup, Evan Rosier est un monstre incapable de comprendre, d’aimer, de ressentir quoi que ce soit. Un monstre qui était prêt à tout pour arriver à ses fins. Mais c’était un monstre qui avait conscience de ce qu’il était et conscience qu’il ne pouvait pas s’imposer à la seule personne qu’il voulait heureuse en ce monde. Elle était un frein à ses ambitions, c’était ce qu’il disait. C’était une réalité.

« - Tu es… ma plus grande faiblesse, Sin. » Ses doigts se détachent de son poignet. Ses yeux brillent dans l’obscurité, espérant que plus jamais il n’ait à parler ainsi de ce qu’il ressent. En espérant que plus jamais il n’ait à avouer qu’il a aimé et qu’il aime encore. Il s’était montré odieux, sans cœur, pour les autres. Pour que son plan fonctionne et pour que rien ne le retienne. Il y avait aussi ce besoin en lui de couper les liens avec son père, de prouver qu’il pouvait faire les choses seuls et sans la moindre approbation. Mais Sin était encore là. Elle était fiancée à son frère, frère qui ne la rendait jamais heureuse. Frère qui allait l’embarquer exactement là où Evan avait tout fait pour l’éloigner. Elle était de sang-pur, oui, mais il savait. Il savait qu’elle n’approuvait pas forcément ce en quoi lui croyait. Qu’elle ne serait sans doute pas capable de faire ce qu’il faisait, pour le Seigneur des Ténèbres. Il refusait tellement d’y penser, mais cette fois, il ne pouvait pas le nier. Il aimait quelqu’un qu’il devrait peut-être un jour tuer. Quelqu’un pour qui, au final, il serait capable d’offrir sa vie. Il avait toujours senti sa neutralité. Il avait toujours perçu son besoin de se préserver d’un choix. D’un camp. Et il s’était refusé à changer ça, chez elle. Après tout, il l’aimait pour ce qu’elle était. Il n’avait pas besoin qu’elle change quoi que ce soit en elle. « - Tu aurais dû fuir. Tu avais toutes les raisons de le faire. Mais tu es resté. » Exactement mot pour mot ce qu’il lui avait dit au parc, mais dans un ton si différent. Dans un ton qui prenait sans doute tout son sens aujourd’hui. Tout ce qu’il avait fait, tout ce qu’il lui avait, dans cet espoir ultime qu’elle l’utilise pour partir. Pour quitter les Rosier, pour refaire sa vie ailleurs. Rien n’avait fonctionné. « - Tu ne seras jamais heureuse avec nous… »

Il s’éloigne désormais, ressentant physiquement tout la fatigue et la peine qu’il avait accumulées au fil des mois. Au fil du dernier combat. Ses mots s’étaient prononcés avec une lenteur sans égale, prouvant la véracité de ce qu’il disait. Il ne pensait pas en arriver là, convaincu qu’il finirait par mourir avec ce secret. Lui qui avait toujours dit ne pas avoir peur de la mort, s’était retrouvé dans une position étrange. En effet, il n’avait pas peur de quitter ce monde. Il n’avait pas peur de disparaitre. Il avait peur d’aimer. Et de faire passer quelqu’un d’autre avant le Seigneur des Ténèbres. Il avait peur d’être finalement un sorcier banal, hanté par la culpabilité, hanté par les émotions, en colère contre soi-même. La peur évident qu’il y avait en réalité de la bonté en lui et qu’il avait tout donné à une personne. A une sorcière. C’était comme ça qu’il avançait, Evan. En croyant qu’il ne ressentait rien, qu’il n’avait aucune pitié, parce qu’il avait tout caché en un même endroit. Il se protégeait de toute culpabilité, en se disant que de toute façon, les sentiments qu’il pourraient éprouvés, étaient dans les mains de Sin. Et là, en face d’elle, il sentait que tout ce qu’il avait donné, glissait entre ses longs doigts pour le frapper de nouveau. Pour lui rappeler à quel point il l’aimait encore, à quel point il était capable du pire pour elle. A quel point il avait besoin qu’elle reste loin de lui. Alors cette bague, c’était la clef. C’était la prison ultime de son cœur et elle ne devait pas le lui a donné. Elle ne devait pas l’abandonner et le laisser avec.
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Sin Fawley

50/100/15/LR

Mar 20 Sep - 23:30


say something, I'm giving up on you.


Elle retient son souffle et sent son cœur s'emballer alors qu'il lui attrape le poignet. A-t-elle peur ? C'est un sorcier recherché, elle devrait avoir peur en tous cas. Mais son geste n'est pas violent, il l'amène à lui certes, mais sans lui faire mal. Il semble savoir exactement à quelle pression s'en tenir. Sa poitrine se resserre ; elle se sent coupable. Elle n'a pas peur qu'il la blesse. Elle n'a peur non plus qu'il l'embrasse. Honteuse, elle réalise qu'elle n'a que peur qu'il ne le fasse pas. Il soutient son regard mentholé, s'attendant visiblement à ce qu'elle écoute sérieusement ce qu'il a à lui dire. Elle n'a pas envie d'écouter pourtant, agacée par le fait qu'encore une fois il se refuse à récupérer l'objet tendu. « Moi, j’en ai besoin. » Elle hausse un sourcil ; il ne contredit jusque-là aucun de ses propos. Lui il a besoin de se souvenir ; c'est normal sûrement (si ce n'est un rien exagéré), lui il n'a pas souffert de tout ça. Il insiste encore et ce qu'il semble vouloir lui faire comprendre c'est que c'est important, que ce qu'il va lui dire fait partie de ces révélations qu'on ne fait qu'une fois. « Regardes-moi, bon sang ! Tu aurais voulu de cette vie ? Aurais-tu supporté être la femme d’un mangemort ? Aurais-tu supporté de te battre pour ce en quoi je crois ? Sin, je te connais… Et je sais que tu n’aurais pas voulu de cette vie. Que ça t’aurais rendu malheureuse. Que tu aurais souffert encore plus à devoir être ce que tu n’es pas. Je devais t’éloigner de moi. Je devais… » Incrédule, elle ne trouve rien à lui rétorquer, elle ne remarque qu'à peine qu'il s'emporte tant ses propos sont incompréhensibles, tant ils la prennent de court.
Il a fait ça à cause moi, non, pour moi. me. What a nutter.

Mais elle ne va tout de même pas le croire, non ? How mad would she have to be?

Sin est énervée aussi, surtout. Tout ça, c'était pour qu'il puisse se lancer sans remords et sans attache dans sa folie meurtrière. Évidemment qu'elle n'a jamais et ne pourrait jamais soutenir la chose. Damn right I wouldn't have liked it. Elle n'aime pas le voir couvert de sang, même si une partie d'elle sait que c'est sans doute ainsi qu'il est le plus fidèle à lui même. Son côté sombre, sa nature entière devrait-elle dire, elle l'a toujours connue. Sans que ce soit la raison de son attachement pour lui cela a certainement eut un impact sur l'attraction qu'elle a ressenti pour lui dès le début. L'aura de bad boy. L'obscurité infinie à l'intérieur. Les yeux d'acier liquide. Le sourire de tueur. Il n'y a rien d'étonnant à ce qu'elle soit si prône à l'accuser d'avoir quelque chose avoir avec toutes les attaques dont elle entend parler ; elle sait pertinemment qu'il en est parfaitement capable. Mais si elle est tombée amoureuse, complètement, c'est parce qu'elle a également su voir en lui une humanité que personne ne semblait pouvoir discerner. Elle a su voir une partie de lui qui soit était cachée au reste du monde soit n'était en réalité que le fruit de ses talents d'acteur. Il relâche finalement son emprise et la déception est dévastatrice. Son sang lui martèle dans les oreilles et si elle entend la sincérité dans ses mots, elle se sent comme étrangère à la scène ; imperméable. C'est tellement étrange qu'il lui avoue tout cela (t'es tombé sur la tête Evan ? T'es bien sûr de pas t'être fait une petite commotion cérébrale ?), tellement fou de sa part à elle de vouloir le croire, qu'elle ne peut rationnellement que s'interdire d'y prêter le moindre crédit. Elle a pourtant conscience que son cœur, lui, a déjà commencé à accepter ses propos comme vrais.

« T'étais pas obligé de faire ça. » Souffle-t-elle un peu trop doucement à son goût. Que n'était-il pas obligé de faire ? Se faire tatouer une marque des ténèbres sur l'avant bras ? La faire tomber amoureuse ? Faire rompre leurs fiançailles de la façon la plus humiliante qui soit ? Il a joué avec sa vie, sa réputation, son honneur. Il a joué avec son futur ; oh ! il ne pensait pas que les choses tourneraient de cette façon ? Oh boohoo. « Is that really what you thought would happen? Is that the kind of world you think we live in? » Le genre de monde où les fins heureuses peuvent exister, le genre de monde où ce qu'il a fait peut avoir du sens. Le genre de monde où les parents ne vendent pas leurs enfants aux plus offrants comme les leurs l'ont fait. Elle est injuste bien sûr: elle-même n'a jamais deviné que les choses se passeraient ainsi. Cependant elle, elle n'a pas eu le temps bien avant, d'y penser comme lui l'a fait alors qu'il planifiait consciencieusement la rupture nette de leurs fiançailles. Sin est soudain furieuse ; si tout ça est vrai, alors il lui a caché un truc énorme pendant des mois et puis, - le pire de ses crimes à son égard finalement - il lui a fait douter de tout ce qui s'est jamais passé entre eux pour rien. « And fuck it » elle brûle de laisser une marque violacée sur sa joue. « C'est pas comme si c'était le seul moyen non plus. » Convaincre leurs parents de rompre leurs fiançailles n'aurait pas été aisé, mais qu'il n'aille pas essayer de lui faire croire que ça, c'était le seul moyen.

« You know after it happened (elle a un goût acide dans la bouche ; un goût de bile et son dîner semble vouloir remonter. C'est tellement condescendant - infantilisant même - de sa part d'oser prétendre que ses actions servaient à la la protéger. Ne pouvait-il pas lui parler ? Elle n'était pas une enfant, même à l'époque, elle était certainement assez mature pour avoir une discussion avec lui, puisque suffisamment mature pour partager un lit avec). Tout ce que j'espérais, c'était qu'il ne te fasse pas de mal. » Elle pense à Edward, le maudit patriarche qui l'attend d'ailleurs dans la salle à manger comme elle semble l'avoir oublié. « C'était à ça que je pensais, sur ça que je me concentrais. J'ai à peine eu le temps de me demander ce qui allait m'arriver que ma mère m'annonçait que j'étais désormais fiancée à Luke et que je me devais d'être heureuse. Heureuse ! » Elle retient un rire maniaque. L'idée même lui avait donné envie de se recroqueviller dans son lit et de ne jamais plus le quitter. Elle se souvient d'un temps - malheureusement trop bref - où elle a cru pouvoir être heureuse avec Luke. Son premier instinct semble finalement avoir été le bon. « J'ai jamais voulu plus voulu gifler quelqu'un de toute ma vie. » Sauf lui, là, maintenant. Elle baisse les yeux un moment, pas certaine de savoir pourquoi elle a ressenti le besoin de le préciser. Mais c'est la vérité ; à ce moment-là elle avait véritablement détesté sa mère. Elle ne croit pas avoir jamais été aussi énervée que ce jour là. Excepté contre lui, constamment. « Quoiqu'il en soit, tout est arrivé avant que j'ai eu le temps d'en placer une. Ils m'adressaient à peine la parole. Ils pouvaient à peine me regarder. » Un sourire amer étire ses lèvres. The disgraced child. The rotten daughter. Pour toutes ses bonnes notes et ses bonnes manières (apparentes) elle avait ainsi prouvé qu'elle n'était qu'une gamine trop naïve. Elle a eu de la chance, qu'ils ne soient tous que trop prêts à rejeter la plus grosse partie du blâme sur lui. Ils ne savaient pas qu'elle ne regrettait pas le moins du monde le fait d'avoir perdu ce qu'elle n'était censée offrir qu'à son mari. Ils ne savent toujours pas et elle, elle ne l'avouera jamais. Elle n'a pas été séduite, comme les pauvres bourgeoises des romans préférés de sa tante maternelle. Elle l'a cherché, elle l'a voulu tout autant que lui (si ce n'est plus après tout puisque son désir à elle n'était pas obscurci par l'ébauche d'un plan des plus sournois). Pendant des jours, des semaines même elle s'était retenue, attendant le bon moment pour que personne ne sache qu'elle se damnait ; car c'est bien en connaissance de cause qu'elle s'est offerte à lui. Elle savait que ses parents hurleraient, elle savait que c'était mal, interdit. Mais elle l'a fait quand même.  Alors bien sûr l'on pourra dire que puisqu'ils étaient fiancés, elle avait bien le droit de croire que leur faux-pas ne serait jamais découvert. Mais même le risque qu'il le soit ne l'a pas fait hésiter. Et même alors qu'ils étaient surpris dans l'acte elle n'a pas regretté son choix. Elle ne l'a jamais regretté. Elle n'a jamais pleuré la perte de sa virginité. Son seul souci c'était lui. Eux. Elle ne voulait pas être séparée de lui, après tout, ils n'en avaient pas exactement fini. « C'est à ce moment là que j'étais censée être heureuse ? » Elle retient difficilement des larmes, sentant une goutte solitaire et froide rouler sur sa joue droite. Elle se souvient avoir pleuré dans son lit, mais seulement une fois qu'elle a réalisé ce qu'il avait vraiment fait. Seulement quand elle a su qu'elle allait devenir l'épouse d'un tout autre Rosier.

« Paraît que je suis chanceuse d'avoir trouvé quelqu'un, n'importe qui. » C'est ce qu'on ne cesse de lui répéter. C'est ce qu'elle entend murmuré sur son passage chaque fois qu'elle daigne se présenter au moindre évènement mondain. Cette Fawley, elle a de la chance. Elle est devenue la gamine que les parents sensés ne veulent pas voir s'approcher de leur précieuses, pures et innocentes petites filles, au risque sinon de les corrompre. Ses parents eux ne l'ont jamais véritablement regardée de la même façon après ça. Et ce même si l'honneur a été sauvé par les nouvelles fiançailles. Elle ne le hait pourtant pas pour s'être ainsi assuré qu'on ne la voyait plus comme une bonne petite fille. De qui ose-t-elle se moquer: elle n'en a jamais été une. Trop de fierté, trop de caractère. Avec du recul, elle ne peut que constater à quel point c'est étrange qu'il ait su ne pas la détester. Quelqu'un comme lui devrait préférer une femme muette et obéissante. Pas quelqu'un capable de tout remettre en question, quelqu'un qui pense par elle-même. Il aurait du la détester. Elle hésite ; visiblement, elle n'est plus convaincue que c'est le cas.  « Ça n'aurait jamais pu marcher, ton plan je veux dire. Parce que je voulais pas partir, parce que je savais pas encore que quelqu'un pouvait faire quelque chose d'aussi tordu. Je savais pas, jusqu'à ce que je te vois après et réalise que t'étais même pas déçu, t'étais content, t'était fier putain. Tu vois peut-être que t'aurais juste du être plus cruel avec moi dès le début. » Peut-être qu'alors elle aurait ouvert sa bouche avant le nouvel arrangement et arrêté de prier pour que leurs fiançailles soient sauves. Peut-être que là, elle aurait fuit comme il aurait voulu qu'elle le fasse. « Ou peut-être que t'aurais juste pu m'en parler. » Au lieu de prendre des décisions à sa place comme si elle ne devait être qu'un dommage collatéral, comme si elle n'était pas directement touchée. Peut-être qu'il aurait tout simplement du lui expliquer la chose. Et peut-être - sûrement même - qu'elle aurait refusé. Elle se serait battu pour lui. Elle se serait battu pour eux. C'est pourtant trop tard désormais pour penser à ce qui aurait pu être fait à l'époque. Trop tard pour songer à ce qu'elle aurait pu décider puisqu'il ne lui a pas laissé l'opportunité de le faire. Il lui a volé la chance d'avoir son mot à dire dans son propre futur.

Et au final, ça n'a aucune importance ce pourquoi il a fait ce qu'il a fait. Ça n'a aucune importance qu'elle le croit ou non (et elle le croit certainement au vu des confessions qu'elle vient elle-même de faire). Elle n'a pas envie de songer à ce que cela peut bien vouloir dire car elle a passé bien trop de temps à croire qu'il la haïssait pour se laisser aller à croire qu'il a pu l'aimer un jour et peut-être même qu'il puisse l'aimer encore. Ce qui importe c'est ce qu'il a fait. Il a réussi à lui briser le cœur et à l'emprisonner au sein de sa famille pour toujours. Et Luke étant probablement destiné à se faire marquer à son tour, elle ne peut même pas lui accorder cette infime victoire : il n'a la pas sauvé de ce destin de femme de mangemort. Elle le regarde dans le blanc des yeux. « Je ne suis pas heureuse. » Étrangement elle croit bien que c'est la première fois qu'elle l'avoue aussi directement, pas seulement à lui, mais de façon générale. Quel intérêt d'avouer ne pas aller bien si rien ne peut être fait à ce sujet ? Aujourd'hui, elle pense que cela vaut le coup de le dire, pour qu'il réalise l'étendue de son erreur. Il dit avoir fait tout ça pour elle: qu'il la regarde bien. Humiliée, esseulée, perdue. Elle est encore vue comme quelque chose qu'elle déteste être : une victime. Elle lui montre la bague, la sienne, l'émeraude étincelante sur laquelle elle ne veut plus poser les yeux. « Mais ça, ça ne saura que rendre les choses pire encore. » Elle ne peut plus se permettre de s'accrocher encore, si bêtement à lui, et ce même après ses aveux et ce même si elle croit les croire. Elle pense avoir besoin de s'en débarrasser et elle ne reculera pas, pas cette fois. Des larmes - amères ? tristes ? elle n'est pas vraiment sûre - menacent de nouveau de s'échapper du coin de ses yeux: le temps lui est compté. Alors brusquement - pour ne pas avoir le temps de changer d'avis - elle lui attrape le poignet et force sa main à s'ouvrir et y fourre l'anneau de la discorde, caressant malgré elle ses doigts au passage. Elle ne peut s'empêcher de se rappeler la façon que sa main avait de tenir dans la sienne, comme si elle était taillée pour. Non qu'ils aient jamais été le genre à se tenir beaucoup la main. Il était bien plus probable de les apercevoir au détour d'un coin sombre de l'école. Contrairement à Luke, avec Evan, elle n'a jamais eu besoin de faire semblant d'être un parfait petit couple devant tout le monde. Il n'y avait pas d'honneur à sauver certes, mais c'est surtout qu'ils ont su être un couple étonnant, imparfait certainement (elle ne doute plus qu'il a du lui aussi de nombreuses fois aller voir ailleurs) mais bien trouvé, heureux un moment. Et ils n'ont jamais eu à le montrer. On le savait malgré tout, elle portait sa bague et d'aucuns l'appelaient Evan's girl. Ça la faisait sourire à l'époque. Elle a toujours aimé son indépendance, l'idée d'être reconnue pour ses propres prouesses (pourvu qu'elles existent), mais il y avait quelque chose qui lui plaisait à l'idée d'être sienne. Lui the big bad bully (oh ce qu'elle a du fermer les yeux sur tant de choses). Lui, prince de Serpentard (et sa réputation, à des kilomètres de la sienne). Non, ils ne s'étaient pas beaucoup tenus la main. Mais elle avait su remarquer, comme elle avait su tout remarquer à son sujet. Elle se souvient encore de ce que ça faisait d'être entre ses bras musclés ; c'était comme si rien ne pouvait l'atteindre. Comme si elle était protégée - si ce n'était de lui-même - de tous et de tout. Elle se souvient de l'adrénaline qui lui retournait les veines comme une drogue chaque fois que ses lèvres effleuraient les siennes. C'était addictif. Il lui était addictif. Et puis bien sûr il y avait ses mains, découvrant, possédant, chaque parcelle de sa peau dans le lit patriarcal. La vérité c'est qu'elle s'en souviendrait toujours. Les gens se souviennent toujours de leur premier amour. Elle n'a pas besoin d'une relique. Elle n'a pas besoin d'une bague qu'elle a, à dire vrai, rêvé une fois en secret de remettre à son doigt. Car ça importe peu : après tout ce qu'il lui a fait, elle est incapable de le pardonner. Quand bien même lui ferait-elle boire du Véritasérum et quand bien même il s'en tiendrait à la même version des faits, elle ne pourrait pas. Parce que ce qu'il a fait est impardonnable. Parce qu'elle ne sera jamais plus capable de lui faire confiance.

« You've made your bed. Now you've got to lie in it. » Et cette fois, c'est une tout autre bague qu'elle lui montre, plus discrète, accrochée à son annuaire, celle de Luke. « Mon doigt est pris - par ton frère. Je ne remettrai jamais la tienne et je dois - tu - nous devons vivre avec. T'es responsable après tout. » Malgré la dureté de ses propos, elle lève deux doigts hésitants vers lui et effleure le coin de ses lèvres, elle-même incapable de donner un quelconque sens à son geste. Et puis, elle s'éloigne, elle est prête à partir, elle se rappelle soudain qu'on l'attend en bas, qu'on se demande - pourvu qu'on ait remarqué la longueur de son absence - ce qu'elle peut bien être en train de faire. Elle ouvre la bouche pour lui demander de débloquer la porte, mais c'est tout autre chose qu'elle chuchote avec intensité: « Ne meurs pas. » Avertissement, menace, conseil, supplication ? Elle devrait être heureuse de découvrir qu'il est aussi mécontent qu'elle de son nouvel état. Elle aurait cru que ça compenserait, que ça la ferait se sentir mieux. Bizarrement, ça rend les choses pires. Et elle ne veut pas le voir mourir, pas même un peu, pas même du tout. Ne tue pas d'innocents, voilà ce qu'elle aurait du dire. Ça aurait été mieux, moralement parlant. Ils ont une définition différente de l'innocence néanmoins. Pourtant quoique l'on pense de la pureté du sang - et elle n'en pense pas grand chose - il est indéniable que certaines actions des mangemorts ne peuvent être qualifiées que d'aléatoires. En visant le quai neuf trois-quart ou le Chemin de Traverse on ne peut que s'attendre à faire quelques dommages en dehors du groupe spécifique de sorciers visés. Elle aurait pu faire partie des victimes. Facilement. Et elle se demande ce qu'il pense de ça, enveloppé comme il est dans son amour pour ce qu'il fait, pour sa mission quasi-divine. Elle se demande s'il sait que chaque fois qu'elle voit les figures masquées qu'il peut appeler ses camarades, elle se demande s'il est là, si Evan est capable de vraiment lui faire du mal, de l'achever. Elle veut partir, elle doit essuyer le sang de ses doigts, de ses vêtements, elle doit trouver une excuse pour la longueur de son absence, mais elle s'arrête de nouveau dans son geste. « Dis moi juste une chose rien qu'une. » C'est le moment des aveux, elle en profite. Elle ne sait pas quand elle le reverra, elle ne sait même pas si c'est quelque chose qu'elle souhaite. « Est-ce que tu étais présent à l'attaque du chemin de traverse l'été dernier ? » Son ventre la tue ; une boule de nerf a pris la place de son estomac. La question lui brûle les lèvres depuis qu'elle la croisé dans les rues du Londres moldu. Elle redoute la réponse, mais elle a plus besoin de savoir qu'elle ne le croit, dans un moment de faiblesse comme celui-ci, tout rappel des horreurs qu'il est capable de commettre est bon à prendre. Et s'il y a une attaque qui est impardonnable, un meurtre qu'elle refuse d'accepter, c'est celui de son protégé. Et s'il la connaît elle, s'il la connaît aussi bien qu'il le prétend, Evan le connaît lui aussi. « Est-ce que t'as tué Beau ? » Son poing est serré, elle le remarque à peine. Elle ne respire plus, elle n'y fait pas attention. Tout ce qui compte, c'est la réponse d'Evan.

Spoiler:
 


IDEALISM SITS IN PRISON, CHIVALRY FELL ON ITS SWORD. Innocence died screaming, honey, ask me I should know : I slithered here from Eden just to sit outside your door.

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Evan Rosier

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Lun 5 Déc - 22:12




don't you dare forget me.




C’est un désastre. Son état. Son cœur. Sa vie. Tout semblait d’un coup tellement confus, tellement loin de la réalité, qu’Evan se sentait consumer par tout ce qu’il refusait d’éprouver. Il était tombé si bas que rien ne semblait réellement compter. Ce qu’il dirait, ce qu’il ferait, ça n’aurait aucune importance sur la suite de son histoire. Sur son destin. Sur ce but ultime qui nourrit ses ambitions. Alors il laisse tout s’échapper, comme s’il avait maintenu en lui-même un autre Evan. Il était lui-même sa propre prison, alors parler était douloureux. Parler était aussi semblable qu’un corps se jetant contre les barreaux glacial et tranchant. Il force alors Sin à se rapprocher de lui. A le regarder. Il tremble légèrement, mais ça ne change en rien la force de ce geste. Il veut pouvoir sentir son souffle sur son visage, il veut pouvoir captiver chacune de ces secondes à respirer dans le doute et l’ignorance. Avait-elle peur de lui ? Non. Elle le connaissait sans doute mieux que n’importe qui en ce monde, mais elle n’en avait pas conscience trop occupé à croire qu’il était un honteux personnage. Il avait réussi à créer cette image en elle et il s’était juré de ne jamais détruire ce tableau. Mais maintenant, c’était trop tard. Cette sensation d’être coincé entre deux-monde le poussait à croire qu’il pouvait être libre de ses promesses passées. Surtout qu’il réalisé que rien de ce qu’il avait fait n’avait fonctionner. Quitte à sombrer. Autant le faire jusqu’au bout, avec elle. Le corps en miette, l’esprit faible, il utilise ce qui lui reste pour balancer la vérité comme on le fait si rarement. Tout ce qu’il avait fait, c’était pour elle. L’honneur, la réputation, la manipulation, c’était pour l’éloigner d’un monde qui l’aurait détruit. Sin était précieuse pour Evan. La colère qu’il avait ressenti à l’idée de l’épouser, s’était rapidement envolé lorsqu’il était lui-même tombé sous son charme. Il a toujours été conscient de ce qui allait arriver, mais cela n’avait pas empêché son cœur de franchir la limite. De battre à chaque fois que son prénom était prononcé. Et même si Evan aurait aimé la garder à ses côtés, il savait, pour une fois, qu’il ne devait pas se montrer égoïste. Qu’il ne devait pas écouter ses propres besoins face à ceux de l’être aimé. Elle était sa faiblesse, oui. Elle ne l’aurait pas empêché d’être meilleur pourtant. Elle aurait même été ce contraire, cette force, dont il aurait toujours besoin. Mais Evan avait tout fait pour se convaincre qu’il avait tout fait par ambition. C’était tellement mieux. Tellement plus simple de dire qu’il était prêt à tout sacrifier pour le pouvoir, plutôt que de dire qu’il n’avait fait ça que pour protéger quelqu’un qu’il aimait. Demander à ses frères, c’était bien le genre de chose qui ne lui ressemblait pas. Et pourtant, c’était ce qui s’était produit. Derrière la noirceur de ses mots et de ses actes, ce cachait en réalité un geste aimant et protecteur. Sin était une exception. Voilà tout.

Il ne dit plus rien, essayant de sauvegarder le peu de force qu’il possède. Il se rend compte qu’avec son geste, il a déposé son propre sang sur la poignée de Sin. Lorsqu’elle sortirait de cette pièce, il y avait des chances que sa famille comprenne rapidement qu’Evan était là. Et qu’il était lamentable. C’était pathétique. Une partie de lui-même chercha automatiquement une idée, une faille dans cette situation pour qu’il puisse disparaitre avant que cela ne soit trop tard. Aucune idée ne traversa son esprit, outre ce besoin de vengeance et de combativité qui semblait être prêt à tout dès qu’il retrouvait ses moyens. Evan n’était pas vraiment le genre à se reposer. Il ne l’a jamais été. Son état ne l’avait jamais ralenti jusqu’ici, mais jusqu’ici il ne s’était jamais retrouvé dans une situation pareille. Aussi faible. Aussi blessé. Aussi diabolique, car même dans le plus désastreux des états, Evan restait fidèle à lui-même. S’il devait mourir un jour, ça serait lors d’un combat, ça serait le corps couvert du sang de l’ennemie. Car ceux qui affronter un Rosier, gardait une marque à vie des épines mortels de cette famille. Même Sin, avait subi ce sort. Evan avait marqué son cœur, en sacrifiant le sien. Et dans cette guerre, il espérait encore qu’il y ait une chance pour elle d’être heureuse. Loin du carnage. Loin des batailles. Le pire serait qu’il se retrouve un jour, face à elle. Le pire, serait qu’elle soit l’ennemie. Elle était sa plus grande faiblesse et ses mots n’avaient jamais été aussi sincère. Ses doigts se détachent, glissent et se perdent. Elle aurait dû fuir, elle aurait dû disparaitre de son monde à elle et vivre dans un autre. Evan se sent alors terriblement lent, terriblement fatigué. Il arrive pourtant à s’éloigner légèrement, gardant à peine les yeux ouverts pour la regarder, elle.

« - Le monde dans lequel je vis, n’est pas fait pour toi. » Il essaye de rester là. Il essaye vraiment. Il a l’impression que plus les secondes passent, plus il ne ressent plus rien. Ni ses doigts, ni ses jambes, ni son corps tout entier. Comme s’il se noyait dans quelque chose qu’il ne pouvait contrôler. « - C’était le seul. » Rien de ce qu’elle dirait ne le ferait changer d’avis. Il n’y avait pas d’autres solution. Ils auraient été forcé, d’une façon ou d’une autre. Le père d’Evan ne manquait d’imagination en matière de manipulation. Il était sans doute plus doué que n’importe qui dans cette famille et la façon dont Evan avait tout planifié, avait réussi à tout détruire. Un adolescent trouvant la faille ultime pour briser les plans de son père tant aimé. Les parents de Sin aurait également tout fait pour la pousser à ne jamais reculer face à tout ça. Et leurs familles étaient si désespérés qu’il avait simplement décidé d’offrir Sin à Luke pour compensé le scandale qui s’était produit avec Evan. C’était ça, la preuve ultime ! Elle était condamnée à être avec un Rosier. Condamné à être malheureuse. Evan était tellement furieux, qu’il n’avait cessé de manigancer des choses derrières Luke. Avec Rhea, avec sa fiancée, avec Zephyr… Tous les moyens pour détruire de nouveau ce que la famille Rosier proposait à Sin était bon. Parce qu’il devait tout faire pour qu’elle s’éloigne d’eux. Que sa famille s’éloigne d’eux. Et pour Sin, il était prêt à détruire beaucoup de chose. Même sa propre famille. Voilà ce qu’il était devenu et c’était désespérant. Affligeant. Grotesque.

Il tousse, réussissant maladroitement à essuyer du sang qui s’échappe de ses poumons. Son regard est cependant captivé par Sin. Après ce qui s’était passé, elle avait pensé à lui. A ce que son père aurait été capable de lui faire, à lui. Plus que le fait que sa réputation de jeune promise avait été détruire, elle avait posé son inquiétude sur le garçon qu’elle aimait. Sur lui. Evan se sent alors réveillé par des sensations aussi désagréables que brulante. Edward Rosier avait une façon bien à lui de punir ses enfants. Il était tellement faible, Evan, qu’il se sentait de nouveau attaqué par les sorts de son père, coincé contre le mur de la cave, entendant encore et encore à quel point il devait apprendre de ses bêtises. En même temps qu’il écoutait Sin, son corps semblait réagir à des coups invisibles. Des frappes douloureuses dont la source était plus proche qu’il ne le pensait. Mais il réalisé en même temps ce que Sin avait éprouvé. Il n’aurait jamais cru ses parents aussi idiots et pourtant, cela avait été le cas. Ils n’avaient pas hésité, ils avaient tout de suite trouvé un plan B. Ils les auraient tués, si cela aurait aidé Sin. Cela faisait partie de la liste des choses possibles à faire. Des choses nécessaires.

Il l’avait aimé. Il l’aimait. Et c’était affreux. Le rôle qu’il avait aujourd’hui ne laissait aucune place pour ce genre de sentiment, mais voilà qu’il était là à dire ce qu’il n’aurait jamais voulu dire. Voilà qu’il racontait la vérité, comme si finalement, la mort n’était plus très loin. Ce qu’il avait vécu à Sin, personne ne pourrait le lui arracher. Parce qu’il avait offert à la jeune femme des aperçus de ce qu’il était réellement, moment de douceur ultime, instant de bonheur caché, évidence qu’il avait une âme et un cœur aussi vrai qu’improbable. Il n’était pas qu’ambition. Il n’était pas que mort. Qu’aspiration à être le meilleur. Il était aussi un homme, capable d’éprouver des choses pour une fille qui lui ressemblait bien plus que ce qu’on croyait. Pour une fille qui avait réussi à déposer un nouveau souffle en lui. Qui l’avait touché. Qui avait réveillé ce qu’il y avait d’humain en lui. Une fille qui, à ses yeux, représentait une rose plus parfait que ce que sa famille n’avait jamais été. Une rose dont il était tombé amoureux, dont il espérait être le gardien ultime. Evan, pourtant, avait tout de même mis son plan à exécution. Les résultats de son acte aujourd’hui, lui retombait à la figure comme une erreur monumentale, mais un besoin fondamental. Il ne voyait pas d’autres solutions aujourd’hui, alors il sait que quoi qu’il se serait produit, il aurait toujours choisi la même chose. Cela ne l’empêche pas d’être bouleversé par Sin. Par ce qu’elle a dû subir à cause de lui. Il avait envie de croire que ce qu’elle avait connu restait moins fort que ce qu’elle aurait connu, mais cela ne changeait pas le fait qu’elle avait été blessé dans le processus. Ses larmes semblaient être retenu, mais Evan aperçu une goutte timide s’élancer dans l’obscurité. Là, sur sa joue droite, marquant sa peau parfaite. Il a envie de lever la main, de nettoyer cette marque qui gâche presque la beauté de Sin, mais son geste est limité. Trop faible, son bras fait un léger mouvement pour retomber. Pas certain que la jeune sorcière l’ait remarqué.

Non, elle n’était pas chanceuse. Luke, ce n’était pas un bon choix. C’était le pire. Evan se souviendra toujours de la façon dont il avait réagi lorsqu’il avait appris la nouvelle. Son père s’était attardé dans une conversation purement polis lorsqu’il balança l’information à la dernière seconde. Un test, avait pensé Evan. Un énième test pour savoir. Pour découvrir ce qu’Evan avait fait. Ce qu’Evan pouvait ressentir. Le chef de la famille, toujours prêt à vérifier si ses fils sont à la hauteur de ses espérances. Evan savait qu’aucun n’allait l’être. Qu’aucun ne le serait jamais. Et qu’il était pourtant le seul à suivre la voix toute tracé et parfaite que son père désirait. Luke et Hippolyte maintenait une parfaite façade pour le moment, mais Evan se demandait lequel des deux allaient craquer en premier. Luke, sans doute. Il avait déjà fait ses faux-pas, il en referait d’autres. Quand à Hippolyte, sa perfection actuelle n’était qu’une preuve de ses défauts. Il se cachait bien pour le moment, mais Evan se demandait ce qui allait se produire, lorsqu’il serait face à l’échec. Quelque part, Evan vivait pour ses instants. Pour ces déceptions. Il vivait pour être celui qui éradiquerais les erreurs de cette famille, tout comme il espérait que cela n’arrive jamais. Une partie de lui voulait sincèrement voir ses frères en bonne santé, marié, avec une famille, mangemort comme lui, lié à jamais jusqu’à la fin d’une guerre qu’ils allaient remportés. Il l’espérait et en même temps, il savait. Il savait qu’il n’avait aucun contrôle sur l’avenir. Que rien n’empêchait le monde de s’écrouler. Que rien n’allait empêcher les Rosiers de s’entre-tuer.

« - T’en parler… » Non. Ça n’aurait pas marché. Elle pouvait le lire sur son visage blessé, il n’était pas convaincu que cela aurait changé quoi que ce soit. Pire, ça aurait pu détruire son plan. Ça aurait pu briser toutes ses chances. « - C’est trop tard, maintenant. » S’il lui en avait parler, peut-être que les choses auraient plus difficile encore. Parce qu’elle aurait pris conscience de ces sentiments à lui. Elle aurait compris sa sincérité. Elle aurait vu qu’il l’aimait. Et elle se serait sans doute battu pour qu’ils puissent rester ensemble d’une façon ou d’une autre. Pour qu’un « eux » existe. Le mariage aurait peut-être eut lieu. Qui sait ? Alors qu’il regarde Sin, il a l’impression qu’il a trouvé un bouton pause dans sa chute. Que son corps semble enfin cessé de se battre contre quelque chose. Il a l’impression qu’il est arrivé à ce moment précis où son être tout entier est prêt à se reposer. Alors il la regarde, c’est tout ce qu’il peut faire. Il la regarde et il encaisse le fait qu’elle ne soit pas heureuse. Qu’il ne le soit pas, lui-non plus. Ils étaient peut-être maudits finalement, l’un comme l’autre. Il ressent alors de nouveau ce besoin de trouver une solution au problème. De toute faire pour l’aider. Tendre la main vers elle, couper les liens qui la force à rester ici. Quel que soit la solution, il finirait par trouver. Même s’il prétend ne pas y penser. Même s’il prétend être focaliser sur la mort des autres, il sait qu’il y pensera. Evan pense toujours à tout ce qui l’entoure, constamment. Des milliers de plans se mettent en place dans son esprit, et il a encore tellement de mal à se concentrer pleinement.

Ses yeux remarquent alors la bague de Sin. Ce que ça représente pour lui, représente tout autre chose pour elle. Pour Sin, gardait cette bague, c’était s’accrocher bêtement. Elle devait tourner la page, elle devait être capable de faire un chose aussi simple. Etre forte et ne pas reculer. Elle devait passer outre le mal qu’elle avait subi. Elle devait lui rendre l’objet. Même si pour Evan, cela signifiait perdre définitivement la seule humanité qu’il y avait vraiment en lui. Incapable de contrer les gestes de Sin, il se laisse faire. Il sent l’anneau contre sa main, il sent ses doigts glisser sur sa peau et un frisson le parcours. Il repense à son corps, à l’odeur de sa peau, à ses lèvres contre les siennes. Jamais il ne connaitrait de nouveau l’alchimie qu’il avait partagée avec Sin. Jamais il ne pourrait regarder une fille comme il l’avait regardé elle. Aucune ne saurait être à la hauteur de cette sorcière dont les mots n’avaient pas de limite. Malgré ce qu’il était, ce qu’il représentait, Sin n’avait jamais baissé les yeux. Elle ne l’avait jamais craint. Elle lui avait tenu tête, elle l’avait même fait sourire à sa façon. Elle lui avait appartenue. Et Evan se rendait compte qu’il lui appartiendrait toujours. Quoi qu’il arrive. Ces doigts se referme sur l’objet, sachant pertinemment qu’il ne pouvait plus la forcer à faire quoi que ce soit maintenant. Elle savait tout. Il ne pouvait plus rien lui cacher. Il ne pouvait plus rien dire.

Pour la première fois depuis l’annonce des fiançailles de Sin avec Luke, le fait qu’Evan voit cette autre bague ne réveille rien en lui. La colère qu’il avait ressentie jusqu’ici, s’était évaporé face à l’idée subtile que cette bague ne représentait rien. Il a envie de dire qu’il n’est pas certain d’y arriver. Qu’il ne va pas la laisser avec Luke. Qu’elle ne restera pas avec lui et qu’il fera tout pour briser ça, mais il n’y arrive pas. Il se laisse faire, trop incapable, trop faible, et se sent aussi mort que vivant lorsque ses doigts caressent ses lèvres. Il doit l’arrêter. Maintenant. Il doit l’empêcher de partir. Pas maintenant. Il doit parler. Il doit lui dire d’autres choses, oui, il y a d’autres choses en lui. Mais il se sent épuisé par ses propres sentiments et regarde Sin se lever. Elle n’est pas dans le même état que lui, alors elle peut. Elle peut partir rapidement. Elle peut. Pas lui. Pourtant, quand elle lui demande de ne pas mourir, il essaye de se relever. Terrible idée. L’espace d’une seconde, il pense que ses jambes font se briser, mais finalement, il parvient à être debout. Il tousse de nouveau, de nouvelle goutte s’épuise par terre, mais Evan tient bon. Il y a une volonté en lui, une volonté presque impossible à briser. Ses brases s’accrochent à la table devant lui et il pense que Sin va partir, mais sa voix l’interpelle de nouveau. Il se retourne légèrement, se demandant alors si cette fois, c’était la dernière fois. Si ce soir-là, c’était le dernier soir.

« - Oui. » Il n’hésite même pas, même si sa voix est faible. La rapidité de sa réponse est effrayante. Il sait parfaitement où cela va le conduire, mais il s’en fiche. Elle venait de réveiller le mangemort en lui et petit à petit, Evan semblait revenir à la réalité. Il semblait revenir dans son monde si merveilleux, si brutale, si ensanglanté.

Le silence.

Il ne dit rien, pas parce qu’il sait, mais parce qu’il se demande. Il se souvient parfaitement avoir tué Innocent, le frère ainé de Beau. Il se souvient aussi avoir attaqué les deux frères et peut-être que sa violence avait eu raison de la fragilité du jeune garçon. « - Peut-être. J’ai tué Innocent, cela ne m’étonnerait pas que Beau soit passé sous ma baguette… mais… je n’en ai pas le souvenir. » Son regard se perdit un instant dans le vide, mais ses yeux retournèrent rapidement vers Sin. Il ne disait pas ça dans son naturel de mangemort assoiffé de sang. Il était calme, il était sincère. Il était honnête. Il était fatigué et il n’avait aucune raison de mentir. « - Luke ne t’as rien dit ? Il était là. » Il s’étonne du fait que Luke ne l’ai pas prévenue, elle. « - Son rôle était d’observer. Il sait sans doute… » Il sert les poings. Pour une raison qu’il ignore, il a envie de frapper son frère. Pour une raison qu’il ignore, cette conversation le force à croire qu’il doit agir de nouveau pour sauver Sin d’une vie qui va la détruire. Et cette colère se transforme en une drôle de façon quand des mots rares traversent ses lèvres. « - Je suis désolé. » Evan sait parfaitement ce que Beau représentait pour Sin. Il est désolé pour la peine qu’elle doit ressentir. Pas forcément pour la mort du gamin. A ses yeux, la cause du Seigneur des Ténèbres étaient justes et Evan était du bon côté. Cela ne voulait pas dire qu’il imposerait ses ambitions et choix à Sin et c’était bien là une des raisons qui l’avait poussé à faire ce qu’il avait fait. « - J’oublie leur visage. Leur nom. » Dit-il soudain, s’avançant lentement vers son lit. Il était prêt à s’effondrer, là. Maintenant. Tout de suite. « - Ils sont si nombreux… » Un sourire apparue sur son visage alors qu’il posa une main sur son lit. « - Tu étais destiné à me haïr, Sin. Malgré l’amour que je te porte, ça n’aurais jamais été suffisant pour que tu acceptes le sang que j’ai sur les mains. Je tue comme je respire… » Il grimace, il se laisse tombé, son corps tout entier découvrant de nouveau la douceur. Il y a du sang partout. Il en est recouvert. Le sien, mais celui de ses ennemis aussi. Allongé sur le dos, les jambes pourtant à l’extérieur, les bras sur le ventre, il fixe le plafond. « - Je ne regrette pas. Ce n’est pas mon genre. Mais ce que je t’ai fait… Pourquoi est-ce que… Pourquoi est-ce que je ressens ça ? Pourquoi ça ne veut pas disparaître ? Je rêve de mourir en combattant, tu sais. Mais je me demande si finalement, ça ne serait pas mieux, que tu m’achèves. » Il tourne légèrement le visage vers Sin, les yeux noyés dans des larmes prêtent à se frayer un chemin sur son visage. Il ne l’avait jamais envisagé jusqu’ici. Mais peut-être bien que ça serait une option. Peut-être bien que ça serait quelque chose de mourir par la main de celle qu’il serait incapable de tuer.
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“ Don't you dare forget me. ” (sin)

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